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Chatbot IA gratuit : 12 solutions testées et leurs vraies limites

Première lecture à la table. Personne ne connaît encore son texte.

7 septembre 2026 · 8 min de lecture · Apolline Rossignol

Chatbot IA gratuit : 12 solutions testées et leurs vraies limites

Sept étapes, dans l'ordre, du cadrage du besoin à la générale. C'est le protocole que nous appliquons avant chaque mise en ligne.

« Gratuit » est le mot le plus élastique du marché du chatbot IA. Il désigne tour à tour un plan permanent limité, un essai de sept jours, une version de démonstration bridée ou un quota de conversations qui s’épuise en trois jours d’activité normale. Nous avons relevé, offre par offre, ce qui est réellement inclus et le seuil exact où la facture commence.

Les 12 offres relevées et ce qu’elles couvrent

Solution Forme de gratuité Limite réelle
Crisp Plan gratuit permanent 2 sièges, IA en crédits
Tidio Plan gratuit permanent 50 conversations facturables
Botnation AI Plan gratuit permanent Crédits IA à acheter au-delà
Landbot Bac à sable (Sandbox) Non destiné à la production
Botpress Pay-as-you-go sans engagement Aucun montant public
Intercom Essai Puis 29 $/siège/mois minimum
Zendesk Essai 14 jours Puis 19 $/agent/mois en annuel
iAdvize Essai 30 jours sans carte Puis 290 $/mois
Vizir Démonstration accompagnée Puis 1 450 €/mois par bot
AirAgent Test puis abonnement sans engagement 89 €/mois, 250 appels
dydu Aucune offre libre Sur devis
Zaion Aucune offre libre Sur devis

Trois éditeurs seulement proposent un plan gratuit réellement exploitable en production : Crisp, Tidio et Botnation AI. Les autres offres relèvent de l’essai ou de la démonstration. Le détail des grilles complètes figure dans notre comparateur de prix et de solutions.

Où la facture commence, précisément

Le seuil de bascule n’est presque jamais le nombre d’utilisateurs. C’est l’un de ces quatre compteurs.

  • Les conversations facturables — 50 par mois chez Tidio, soit deux à trois jours pour une boutique modeste.
  • Les crédits IA — consommés à chaque réponse générative, revendus par paliers de 25 € à 900 € chez Botnation AI.
  • Les sièges — deux inclus chez Crisp, puis passage à un plan payant dès la troisième personne.
  • Les résolutions — chez Intercom, 0,99 $ par résolution réussie, ce qui reste le modèle le plus honnête mais jamais gratuit.

Une offre gratuite est un décor de répétition : elle sert à vérifier que le texte tient, pas à jouer devant le public tous les soirs.

Le calcul utile est simple : prenez votre nombre de demandes mensuelles réel, doublez-le pour tenir compte des questions parasites, et regardez si le quota gratuit l’absorbe. Dans neuf cas sur dix, la réponse est non dès le premier mois. Pour un besoin téléphonique, la comparaison honnête n’est d’ailleurs pas « gratuit contre payant » mais « heures de secrétariat contre abonnement » : c’est ce que montre cette solution de chatbot IA avec un plancher public à 89 € par mois.

Théâtre d'ombres : billets d'entrée libre éparpillés sur le plancher d'un plateau, éclairés par un faisceau absinthe
L’entrée libre existe, mais elle finit toujours par un guichet : volume, canaux ou marque blanche.

Ce que les offres gratuites ne contiennent jamais

À cela s’ajoutent trois absences moins visibles. D’abord la rétention des conversations : souvent limitée à trente jours, ce qui empêche toute analyse de tendance. Ensuite l’export des données, parfois réservé aux plans payants — un point à vérifier avant de bâtir quoi que ce soit dessus, car il conditionne votre capacité à changer d’outil. Enfin la personnalisation du widget, qui affiche généralement la marque de l’éditeur : acceptable pour un test interne, discutable sur un site professionnel.

Trois scénarios où le gratuit suffit vraiment

  1. Valider une hypothèse. Vous voulez savoir si vos visiteurs poseraient des questions écrites. Deux semaines de plan gratuit tranchent la question pour zéro euro.
  2. Tester la qualité de votre base de connaissances. Chargez vos documents, posez vingt questions, comptez les réponses fausses. C’est l’audit le moins cher qui existe.
  3. Couvrir une activité saisonnière très faible. Une association qui reçoit trente demandes par mois peut rester durablement sur un plan gratuit.

En dehors de ces trois cas, le gratuit est une étape, pas une destination. Notre rubrique conception et déploiement détaille le passage de l’essai à la production, étape par étape.

La méthode de test que nous appliquons

Pour chaque offre gratuite, nous rejouons le même protocole en quatre points, sur les mêmes scènes que les solutions payantes. C’est la seule façon d’obtenir une comparaison utile.

Test Ce qu’on mesure Seuil d’échec
20 questions documentées Exactitude des réponses Plus de 2 réponses fausses
5 questions hors périmètre Capacité à dire « je ne sais pas » Une seule invention
3 demandes d’humain Escalade effective Une escalade manquée
Montée en volume Moment du blocage Blocage sans avertissement

Les cinq coûts cachés du gratuit

Une offre gratuite n’est jamais un cadeau : c’est une porte d’entrée dont le seuil est franchi par étapes. Cinq postes finissent par apparaître sur la facture, et il vaut mieux les connaître avant d’installer le widget.

  • Le plafond de conversations. Le compteur se remet à zéro le premier du mois. Une campagne, une panne ou un article partagé suffisent à l’épuiser au milieu du mois — moment précis où votre chatbot cesse de répondre.
  • Les crédits d’intelligence artificielle. Beaucoup d’offres distinguent les conversations (généreuses) des réponses générées par un modèle (rares). Une fois les crédits consommés, l’agent retombe sur un arbre de décision.
  • Le nombre de sièges. Le gratuit accueille souvent une seule personne. À deux, l’abonnement devient obligatoire, quel que soit le volume.
  • La marque de l’éditeur. Elle reste affichée dans la fenêtre, et son retrait est presque toujours réservé aux offres payantes.
  • L’export des données. Sur certaines offres, l’historique des conversations n’est ni exportable ni conservé au-delà de quelques semaines : changer d’outil signifie repartir de zéro.

La conclusion pratique est simple : projetez votre facture au double de votre volume actuel avant de choisir, et vérifiez ce qui se passe exactement quand le plafond est atteint — coupure, file d’attente ou facturation automatique.

Notre protocole de test en quatorze jours

Pour départager deux offres gratuites sans y passer un mois, nous appliquons toujours le même protocole, reproductible par n’importe quelle équipe.

  1. Jours 1 et 2 — rassembler dix documents réels : tarifs, conditions, horaires, procédure de retour, questions fréquentes reçues par courriel.
  2. Jours 3 et 4 — écrire trois scènes seulement, avec pour chacune la réplique d’ouverture, les questions à poser et la sortie vers un humain.
  3. Jours 5 à 7 — construire les mêmes trois scènes dans les deux solutions candidates, sans chercher l’exhaustivité.
  4. Jours 8 à 12 — mettre en ligne sur une seule page, relire chaque conversation le soir, noter les motifs non reconnus.
  5. Jours 13 et 14 — comparer quatre chiffres : taux de résolution autonome, taux d’escalade, délai de première réponse, coût projeté à trois mois.

Une règle enfin, valable pour toutes les offres gratuites : ne branchez jamais l’agent sur un outil de facturation ou de paiement pendant la phase d’essai. La lecture seule d’un agenda ou d’une base documentaire suffit à mesurer la valeur, sans exposer de données sensibles. Notre rubrique concevoir et déployer son chatbot détaille les branchements dans l’ordre de risque croissant.

Trois questions que l’on nous pose toujours

Une offre gratuite suffit-elle durablement à une TPE ? Dans un cas seulement : un volume faible et stable, un canal unique, une personne aux commandes et aucune promesse d’horaire. Dès que la disponibilité devient un argument commercial, la coupure en milieu de mois n’est plus acceptable.

Peut-on migrer sans repartir de zéro ? Cela dépend d’un point vérifiable en trois minutes : l’export de l’historique des conversations et de la base de connaissances. Si l’export existe en format ouvert, la migration prend une journée ; sinon elle prend une semaine et fait perdre l’apprentissage accumulé.

Faut-il annoncer que l’interlocuteur parle à une machine ? Oui, et cela sert vos intérêts. L’annonce règle les attentes, réduit les demandes impossibles et améliore la satisfaction mesurée. Elle est par ailleurs attendue par la réglementation européenne, tout comme l’accès à un recours humain.

Démonstration : ce que donne un plan gratuit en conditions réelles

Notre conclusion

Commencez gratuitement, toujours : c’est la meilleure manière d’apprendre ce que vos clients demandent réellement. Mais budgétez dès le départ la sortie du gratuit, entre 40 € et 150 € par mois pour une TPE selon le canal retenu. Un chatbot qui plafonne en milieu de mois fait plus de mal à votre image que l’absence de chatbot. Si votre canal principal est le téléphone, voir la démonstration avant de vous engager vous fera gagner une semaine de tests, et notre rubrique secteurs et métiers vous indiquera les volumes constatés dans votre activité. Pour les bases, la rubrique Comprendre le chatbot IA reste le point de départ.

Apolline Rossignol

Apolline Rossignol

Rédactrice en chef · scénarios conversationnels

Neuf ans à écrire des dialogues pour des machines. Formée à la dramaturgie, elle éprouve chaque solution sur les mêmes scènes, avec le même protocole, sans contrepartie des éditeurs cités.

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